«Aucune nouvelle obligation» : ce que la révision partielle de la GwV-FINMA exige néanmoins d'ici le 9 juin
La consultation de la FINMA sur la révision partielle de la GwV-FINMA court jusqu'au 9 juin seulement. Si la FINMA affirme qu'elle n'introduit «aucune nouvelle obligation», elle codifie la pratique de surveillance existante sous forme de texte contraignant — raison pour laquelle le service spécialisé en lutte contre le blanchiment d'argent devrait examiner sans tarder les articles modifiés et prendre position en conséquence.
Dr. iur. Servatius von Tatzenberg
Le 12 mai, la FINMA a ouvert la consultation sur la révision partielle de l’ordonnance FINMA sur le blanchiment d’argent (GwV-FINMA, RS 955.033.0). La procédure se clôt dès le 9 juin — à peine quatre semaines. Le rapport explicatif précise que la révision partielle n’introduit «aucune nouvelle obligation» mais codifie la pratique de surveillance existante — appréciation que partagent des analyses externes. Pour le service spécialisé en lutte contre le blanchiment d’argent, l’impératif d’agir est néanmoins réel : ce qui relevait jusqu’ici du pouvoir d’appréciation deviendra, à la date d’entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2027 selon le rapport explicatif, un texte réglementaire contraignant — et le libellé ne peut encore être modifié que jusqu’au 9 juin.
Deux modifications précisent ce que l’intermédiaire financier doit savoir sur sa partie contractante. Le nouvel art. 9b nGwV-FINMA exige qu’il soit en mesure de comprendre la structure de propriété et de contrôle de celle-ci. Le rapport d’évaluation mutuelle de la Suisse par le FATF (juin 2023) avait relevé que si les art. 9a et art. 13 al. 2 let. h GwV-FINMA visaient les sociétés de domicile et les structures complexes, il manquait une règle expresse applicable à la structure de propriété de tous les types d’entités. La FINMA l’exigeait déjà dans le cadre de sa pratique de surveillance ; elle le fixe désormais dans le texte. Parallèlement, le nouvel art. 65 al. 2 let. d précise que, même pour les sous-comptes ouverts en faveur de clientes et clients individuels, une déclaration relative à l’ayant droit économique doit toujours être recueillie (art. 4 GwG).
L’art. 30 nGwV-FINMA a une portée plus large : il crée pour toutes les relations d’affaires soumises au droit des embargos une obligation de screening vérifiable, tandis que l’art. 9b comble une lacune documentaire concernant la structure de propriété. L’art. 30 découle de l’art. 8 en relation avec l’art. 1 nGwG — dispositions qui imposent des mesures organisationnelles contre les violations de la loi sur les embargos (EmbG, RS 946.231). Le message du 23 novembre 2022 relatif à la révision du GwG (FF 2022 2918) mentionne à cet égard une analyse des risques, des directives internes et, selon la taille et le profil d’activité de l’établissement, un screening informatisé des relations d’affaires et des transactions. La même logique touche les opérations de correspondant bancaire : l’art. 37 al. 3 perd la réserve «selon les circonstances», et le nouvel al. 5 n’autorise les paiements via des comptes de passage que si la partie contractante fournit sur demande les données nécessaires sur ses clients. L’obligation n’est pas nouvelle — ce qui est nouveau, c’est qu’un auditeur peut désormais la rattacher à une disposition spécifique.
Le délai court n’est pas fortuit. Selon le rapport explicatif, la FINMA fonde la réduction du délai sur l’art. 11 al. 1 let. b de l’ordonnance sur la surveillance des marchés financiers (FINMAV, RS 956.11) et a renoncé à la préconsultation habituelle. La raison : l’évaluation mutuelle de la Suisse par le FATF est attendue, selon le rapport explicatif, entre mai et juillet 2027, et seul ce qui est en vigueur avant la fin du contrôle sur place sera pris en compte. Pour le service juridique, la mission est donc précise : confronter dès maintenant les articles modifiés aux contrôles internes et, là où le libellé porte trop loin, déposer une prise de position avant le 9 juin — qu’il s’agisse du «être en mesure de comprendre» ouvert de l’art. 9b ou du périmètre du screening applicable aux petits établissements au titre de l’art. 30.
Le conseil d’administration de la FINMA pondère les prises de position et indique dans son rapport de résultats celles qu’il a retenues — ce rapport et la version finale de la GwV-FINMA montreront quelles objections auront encore influé sur le libellé. Quiconque souhaite encore peser sur le texte avant l’entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2027 selon le rapport explicatif dispose pour cela jusqu’au 9 juin.